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Le
Moniteur Archi 14/02/08/ A la Une |
Historial Charles-de-Gaulle
: visite virtuelle en 3D
Présentation en six minutes de l'historial Charles de Gaulle
à Paris, quelques jours avant son inauguration présidentielle
et son ouverture au public fin février 2008. Maîtrise
d'ouvrage : musée de l’Armée et Fondation Charles-de-Gaulle.
Maîtrise d'oeuvre : Alain Moatti et Henri Rivière,
architectes et scénographes. |
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| "L’historial Charles-de-Gaulle,
qui se construit actuellement au musée de l’Armée,
à Paris, est un monument invisible car enterré sous
la cour de la Valeur, à Hôtel des Invalides",
indique l’architecte Alain Moatti. "Clin d’oeil
à l’Histoire : la coque en bois, dans laquelle sera
projeté un film d’archives sur de Gaulle, est l’inverse
de la coupole dorée des Invalides, sous laquelle trônent
les cendres de Napoléon 1er", divulgue son associé
Henri Rivière. Selon lui, "le bois exprime ici une forte
dimension tellurique et humaine". Inauguration à l’automne
prochain. |
Historial Charles de Gaulle : un monument audiovisuel
Plus que quelques finitions et réglages avant l'ouverture
de l'historial Charles-de-Gaulle à Paris, prévue
le 23 février au lendemain d'une inauguration présidentielle.
Un lieu de transmission de connaissance. Une muséographie
originale fondée sur l'image. Et une salle de projection
en forme de coupole inversée, réalisée non
pas de pierre et d'or comme celle sous laquelle repose Napoléon,
mais de bois et de lumière.
Lieu de connaissance
"Depuis quelques années, la Fondation Charles de Gaulle
mène une politique de communication pour mieux faire connaître
à la fois l'homme, le militaire et le chef d'Etat, rappelle
le général François Kessler, directeur général
de la Fondation Charles de Gaulle. Elle le fait à travers
trois lieux, énonce-t-il : sa maison natale à Lille
(restaurée en 2005), le mémorial à Colombey-les-deux-églises
(ouverture en 2008) et l'historial à Paris (inauguré
le 22 février prochain)." De son côté,
le général Robert Bresse, directeur de l'établissement
public du musée de l'Armée, indique que "la
création de l'historial Charles de Gaulle (2.500 m2) constitue
la troisième des cinq tranches de modernisation de l'hôtel
national des Invalides" (presque 1,2 million de visiteurs
en 2007). Et malgré "un chantier qui a dérapé
de 20% sur le plan financier et de deux mois au niveau des délais",
il tient à saluer le travail "beau et utile"
des architectes Alain Moatti et Henri Rivière, la scénographie
"portée" par l'équipe entourant le commissaire
Sharon Elbaz, le "très grand film" du réalisateur
Olivier L. Brunet et surtout toutes les entreprises "qui
n'ont ménagé ni leur temps, ni leur effort"
(voir fiche technique ci-dessous).
Muséographie
originale
Selon Sharon Elbaz, commissaire de l'historial et directeur des
projets de la Fondation Charles de Gaulle, le lieu met en œuvre
une "muséographie originale" issue d'une "absence
d'objets". "Notre parti pris c'est l'image" car,
estime-t-il à juste titre, elle "caractérise
à la fois l'itinéraire de Charles de Gaulle et le
XXe siècle qu'il a marqué". "Des outils
technologiques interactifs permettent de décrypter de nombreuses
archives audiovisuelles, commente Sharon Elbaz, notamment pour
les jeunes générations qui n'ont pas connu ces événements
en direct. L'historial n'est donc pas un lieu de mémoire
mais de transmission du savoir." Un émouvant film
biographique de 25 minutes sera diffusé en boucle dans
la salle de projection (Francis Huster pour la voix française).
Pour son réalisateur, Olivier L. Brunet, qui assouvit là
sa "mégalomanie" en juxtaposant cinq écrans,
il fallait "réinventer les milliers d'heures d'archives".
Il explique avoir "joué sur les symétries pour
redécouvrir des images vues, revues et re-revues".
Exemple d'une séquence datant de 1970 : les trois écrans
centraux montrent le cercueil du général, recouvert
du drapeau français, tandis que les écrans situés
aux extrémités gauche et droite montrent le peuple
endeuillé. Le film s'achève de manière triomphante
par un survol de la place Charles de Gaulle à Paris, anciennement
place de l'Etoile, jusqu'au nouvel historial situé aux
Invalides.
Coupole inversée
"L’historial est un monument invisible car enterré
12 mètres sous la cour de la Valeur" (45 m x 38 m),
indique l’architecte, Alain Moatti. "Clin d’œil
à l’Histoire : la coque en bois, dans laquelle sera
projeté un film d’archives sur de Gaulle, est l’inverse
de la coupole dorée des Invalides, sous laquelle trônent
les cendres de Napoléon Ier", révèle
son associé Henri Rivière. Selon lui, "le bois
exprime ici une forte dimension tellurique et humaine". Modélisée
en 3D à l’aide des logiciels Catia et Rhino, "la
structure courbe se divise en 29 anneaux horizontaux et 58 refends
verticaux, détaille Dominique Venturini, responsable des
études techniques au sein de l’entreprise de menuiserie
intérieure Suscillon. Pour débillarder les 25 tonnes
de panneaux bois (multipli de 30 mm d’épaisseur avec
placage de merisier), la société sous-traitante
Cambium utilise une machine de découpe numérique
à cinq axes qui reproduit l’évolution des
tracés biais." Les éléments obtenus
sont par la suite vernissés et assemblés in situ.
Au final, ils forment une coque autoportante de 21 m de longueur,
17,80 m de largeur et 9 m de hauteur, seulement étayée
par quelques chandelles au sol. L’intersection des anneaux
horizontaux et des refends verticaux divise la structure en 2.400
cases de 30 cm de côté. Chacune d’elles supporte
une diode électroluminescente destinée à
la mise en lumière de la salle de projection. Selon Moatti
& Rivière, il s'agit d'"un lieu dont on se souvient".
Milena Chessa
Le Moniteur 14 février 2008
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Fiche technique
Maîtrise d’ouvrage : musée de
l’Armée et Fondation Charles-de-Gaulle.
Maîtrise d’oeuvre : Alain Moatti et
Henri Rivière, architectes et scénographes (Lionel
Astier, coordonateur, Maryline Gillois, responsable architecture,
France Demarchi, responsable scénographie); Betom
Ingénierie, BET TCE; Bureau Michel Forgue, économiste;
Vidéo amplitude, conseil image; Avel Acoustique, acousticien;
Pierre du Sciullo, graphiste; Vincent Taurisson, ingénieur
réseau; l'Observatoire, éclairage salle.
Principales entreprises : Moureu (terrassement,
démolition), Bouygues (gros œuvre, étanchéité),
Suscillon (structure et menuiserie intérieures en bois),
DBS (cloisons, doublages, faux plafond), Creze (serrurerie, métallerie,
portes coupe-feu), Atelier 53 (revêtement pierre), Duval et
Mauler (revêtements muraux et sols souples), Techniques transparentes
(miroiterie anneau), Volume (ensemblier P0, P1, P2), Vulcain (ensemblier
P3, P4), Seitha (chauffage, ventilation), EI IDF (électricité,
courants forts et faibles), Deniau (escalier monumental), Boscher
(graphisme), Big Bang (éclairage, électricité),
Soft (audiovisuel salle multi écrans), Axians (multimédia
expositions), Quinette Gallay (sièges).
Surface totale : 2.500 m2 (400 m2 pour la salle
multi écrans de 200 places, 1.200 m2 pour les salles d'exposition
permanente, 900 m2 pour les salles d'expositions temporaire et l'atelier
pédagogique);
Coût des travaux : 11 millions d’euros
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